diary-684750_640Pour les personnes qui découvrent mon histoire sur le diabète, le premier article se trouve juste ici et le deuxième juste .

Une autre épreuve à passer fut le retour à l’école après une longue période d’absence. A cet âge-là, 2 semaines suffisent pour que des rumeurs fassent le tour de l’école, pour que mes meilleurs amis m’oublient et que d’autres viennent vers moi.

Au moment de mon retour, mes parents ont pris rendez-vous avec l’ensemble des professeurs de l’école pour leur expliquer ce qu’il faut faire en cas de problème. L’hôpital nous avait donné assez de documents pour leur expliquer simplement que faire si je réagis bizarrement. On a rempli le frigo de la cantine d’un “kit de survie” pour mon diabète et j’ai arrêté d’aller à la cantine, pour que ma mère puisse gérer mes injections et compagnie.

Ma maîtresse a voulu que je fasse une intervention pour expliquer ma maladie à mes petits camarades de CE1. Je me rappelle du regard des personnes, entre la child-636022_1280pitié, la surprise et le rejet, chaque enfant réagit à sa façon. Je me souviens des répliques du style « Tu fais semblant d’être malade parce que tu n’as pas envie d’aller au sport » ou « Je suis sûre que tu n’as rien, ça se voit même pas que t’es malade » ou « Tu veux juste faire parler de toi, ça passera ! »… On dit que la vérité sort de la bouche des enfants, mais les mots blessants aussi, croyez-moi !

Je suis revenue en classe peu avant les vacances de Noël. Un peu après mon retour, il y a donc eu l’arbre de Noël de l’école. Toute la classe, nous chantionsgirl-714212_1280 la chanson « Return to Paradise » d’Elton John, nous dansions, nous avons eu des prix, le père Noël est passé… Et nous avons eu un ENORME paquet remplis de bonbons, brioches et jus de fruits… Cela peut sembler bête, mais c’est le souvenir le plus triste que j’ai de ma sortie d’hôpital, quand je voyais tous mes copains engloutir ce paquet et que moi, je n’ai pas pu toucher à cette briquette de jus d’orange qui me tentait tant ! J’en avais versé des larmes

La plus belle preuve d’amitié et de sympathie de la part de mes camarades de classe a été au premier anniversaire qui a suivi mon retour : la fameuse distribution de bonbons… Comme je n’en avais pas le droit d’en manger, à la place gift-548293_1280j’avais droit à un petit cadeau. Un jeu de cartes, des élastiques pour cheveux, un livre de coloriage… L’information entre les parents est rapidement passée et c’est devenu un petit rituel d’anniversaire. Merci encore aux parents et à mes camarades qui ont pensé à moi dans ces moments-là. C’est grâce à des petits gestes comme ça que l’on finit par tenir le coup.

En parlant de bonbons, la veille de mon entrée à l’hôpital, nous avions fêté 2 anniversaires dans ma classe. Donc 2 paquets remplis de bonbons bien sucrés. A self-portrait-532021_1280cette époque, il était interdit pour les diabétiques de manger n’importe quelle sucrerie, j’y pensais donc de manière nostalgique en me disant que j’avais pu me régaler une dernière fois comme il le fallait !

Voilà, c’est tout pour cette semaine, la prochaine fois je vous raconterai mon quotidien en tant qu’enfant avec mon diabète.

Et vous, avez-vous des anecdotes à raconter concernant votre vie à l’école ? Comment s’est passé votre retour dans la scolarité après un moment sans avoir vu vos amis ? A quand remonte votre dernière sucrerie ?